Jean Cocteau
Lycée
Miramas cedex
 

Julie

dimanche 20 mars 2011, par Myriam Remigy

Julie est une jeune fille de quinze ans qui rentre en seconde. Nous sommes à la fin août et elle vient d’emménager avec sa famille dans une nouvelle ville, en région parisienne. Ses parents travaillent beaucoup et ont peu de temps à lui consacrer c’est pourquoi ils décident de l’inscrire dans le lycée le plus proche de leur domicile. Compte tenu qu’ils sont gardiens d’une propriété dans un quartier bourgeois, le lycée est fréquenté par les enfants des riches familles des environs. Julie ne se doute pas des changements qui vont arriver dans sa vie. Elle sait qu’en déménageant elle perd ses amies mais elle pense se familiariser assez rapidement avec ses camarades de classe. Dès la rentrée, Julie comprend qu’elle va vivre un enfer dans cette nouvelle école. En effet, les autres filles sont très différentes. Elles portent de belles robes et des chaussures de qualité. Julie n’en a jamais vu de si belles. Sa mère lui achète ses tenues dans un magasin à bas prix. Le premier jour, elle est la risée de tous, les élèves la regardent et ricanent après avoir fait quelques commentaires désagréables. Julie revient du lycée en pleurant. Comment pourra-t-elle se faire des amis, elle qui est si laide dans ses vêtements minables. Elle a honte que ses parents aient des revenus aussi modestes. Pourtant elle sait qu’ils travaillent dur pour que leurs enfants ne manquent de rien. C’est pourquoi elle ravale sa fierté et n’ose se confier à eux.
Petit à petit, elle sent aussi que la différence ne se situe pas qu’au niveau vestimentaire. Chaque lundi, les élèves de sa classe prennent un malin plaisir à lui raconter leur week-end. Ils font tous des activités que Julie ne pratique pas ; équitation, golf, journée dans les parcs d’attractions… Julie n’a rien à leur raconter d’aussi merveilleux. Elle reste à la maison, fait ses devoirs et regarde la télé. Dans leur manière d’être, elle sent également des différences. Parfois ils utilisent du vocabulaire qu’elle ne connait pas et sont très sûrs d’eux. Julie perd confiance en elle. Elle se sent inférieure. Ils lui disent régulièrement qu’elle ne sera jamais des leurs.
Mais un jour elle décide de ne plus être une victime et de se secouer. Julie a un atout : elle est vive. Sa mère lui a toujours dit que chacun était différent et qu’il fallait se battre avec les armes à sa disposition. Pour ses camarades, c’est l’argent ; pour elle, c’est l’intelligence. Elle remarque que certains d’entre eux malgré leur argent de poche démesuré n’ont pas toujours de bons résultats scolaires. Elle travaille alors encore plus. Elle a toujours été une bonne élève mais devient excellente. Très vite, elle prend la tête de la classe. C’est alors qu’elle commence à remarquer quelques petits changements dans l’attitude de quelques élèves. Ceux qui étaient parmi les plus méprisants font appel à elle pour leur expliquer des exercices ou des leçons qu’ils ne comprennent pas. Pour elle c’est une première victoire car auparavant, ils ne s’adressaient à elle que dans l’unique but de lui dire des méchancetés. Dans le même temps, Julie se rapproche de la vieille comtesse propriétaire du château dans lequel ses parents travaillent. La jeune fille a beaucoup d’affection pour elle et lui fait souvent la lecture. Un jour elle lui raconte ses mésaventures. La vieille dame décide de la prendre sous son aile et de lui apprendre les bonnes manières. Julie écoute avec attention et applique les conseils à la lettre. Ce qui lui permet de se sentir plus à l’aise au fil du temps. Riche des enseignements donnés par la comtesse et des valeurs inculquées par ses parents elle sait à présent qu’elle peut se débrouiller dans n’importe quel milieu.
L’été arrive et Julie voit les vacances approcher avec joie. Elle a décidé de trouver un petit job et de s’offrir à son tour des vêtements de marque pour en mettre plein la vue aux derniers élèves réticents à lui adresser la parole. A elle enfin la popularité ! Elle travaille quinze jours dans un supermarché ; elle range les conserves dans les rayons. Puis elle travaille quinze jours chez un agriculteur où elle ramasse des fruits. Elle comprend alors que l’argent est difficile à gagner et qu’il est donc ridicule de le gaspiller en futilités. Julie décide donc de garder précieusement ses salaires plutôt que de s’acheter des vêtements semblables à ceux de ses camarades de classe comme elle l’avait prévu.
A la rentrée elle retrouve les quelques élèves avec qui elle a sympathisé et choisit d’ignorer tous les autres. Durant toute l’année scolaire elle fait du baby-sitting le week-end et travaille dès qu’elle le peut pendant les vacances scolaires. Elle se constitue ainsi une jolie petite épargne. Lorsqu’elle fête ses dix-huit ans, elle est en mesure de payer elle-même son permis et d’acheter une petite voiture d’occasion. Elle continue également à avoir de bons résultats scolaires. Elle passe sont bac qu’elle obtient avec mention. Ses camarades de classe la regardent avec envie mais elle a mûri. Leurs regards lui importent peu. Elle préfère se fier aux yeux de ses parents qui sont fiers d’elle et qui la regardent avec admiration. Pour la première fois depuis son arrivée à Paris elle est heureuse. Son avenir lui sourit. Elle ne sait pas encore à quel métier elle se destine mais elle sait qu’avec des efforts elle y arrivera.
Anaëlle VALENT et Léa REGINATO

 
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