Jean Cocteau
Lycée
Miramas cedex
 

Juste un père

dimanche 20 mars 2011, par Myriam Remigy

Juste un père

En 1910, Gaston, petit garçon âgé de 9 ans se rendait, comme tous les jours, à son école. A la récréation il subissait les moqueries quotidiennes des autres garçons. Les plus grands le frappaient et le bousculaient sans cesse alors que les plus petits se chargeaient de lui rappeler qu’il était différent d’eux. Mais cette journée ce fut encore pire. Ses camarades s’étaient jetés sur lui munis de bâtons et pierres. Ils l’avaient roué de coups, lui avait volé son goûter ainsi que sa veste et s’étaient enfuis au son des injures :« bâtard ! bâtard ! ». Gaston couvert de bleus, contrarié, malheureux, saignant du genou et du nez rentra chez lui. Sa mère, Marguerite, l’attendait sur le pas de la porte. Son voisinage pensait du mal d’elle. Elle était irresponsable d’élever son enfant dans de telles conditions, sans père. Et d’ailleurs qui était-il ce père inconnu ? Quelle femme légère elle devait être de s’être donnée avant d’avoir été mariée !
Un jour d’hiver glacial alors que tous les garçons étaient les uns contre les autres essayant de se réchauffer, lui était dans son coin recroquevillé, frigorifié et seul. Le charmant directeur, Charles Dumont, s’en aperçut et lui apporta de quoi se réchauffer. Le petit garçon leva la tête et le remercia par un simple sourire. Charles vit une larme couler sur sa joue. Il comprit alors que cet enfant avait besoin d’aide et il se devait de faire quelque chose pour lui. Il essaya de lui demander certaines informations comme son nom ou encore la profession de ses parents. Gaston se mit à pleurer à chaudes larmes. M. Dumont sut qu’il avait touché un point sensible. Il n’insista pas davantage et repartit dans son bureau.
A la sortie de l’école, Gaston décida de se changer les idées et alla dans un champ en face de sa maison. Le directeur, qui rentrait à son domicile vit le garçon assit dans les hautes herbes. Il voulut engager la discussion. Gaston le coupa net et commença à expliquer la situation et la maltraitance qu’il subissait. Le brave homme, compréhensif, le prit dans ses bras et le consola. Le petit garçon sentit un moment de chaleur puis, honteux de lui avoir tout révélé, s’enfuit en courant chez lui. Charles, surpris, ne comprenant pas cette réaction, toqua là où l’enfant s’était réfugié. Une femme lui ouvrit. Cette dame était belle, presque sublime. Il se présenta en souriant et expliqua sa présence.
Marguerite, fut embarrassée et s’excusa du désagrément causé par son petit garçon. Le directeur lui conseilla alors de trouver une solution pour faire cesser toutes ces moqueries. La femme désemparée de cette situation, et ne sachant plus quoi faire, laissa couler une larme sur sa joue. L’homme assez gêné d’avoir fait tant de dégâts au cœur de cette famille fit demi-tour pour s’en aller. La femme le retint et l’invita à entrer dans le salon. Après avoir fait chauffer du thé elle s’assit près de lui. Elle lui demanda de ne pas parler du problème. Ils discutèrent un long moment lorsque le garçon sortit de sa chambre se demandant pourquoi sa mère ne venait pas le consoler, et s’approcha d’elle l’air effrayé. Le directeur décida alors de partir.
Durant plusieurs semaines M. Dumont, en passant devant la maison, apercevait souvent Marguerite dans le salon, et de temps en temps, s’arrêtait à sa fenêtre pour discuter.
Mais ce jour-là il s’attarda à sa terrasse et elle l’invita donc à déjeuner.
Le petit garçon qui mangeait avec eux, s’aperçut que Charles était en fait un brave homme. A la fin du dîner Marguerite demanda à son fils d’aller se coucher. Dans son lit le garçon crut distinguer le bruit d’un baiser et eut un sourire satisfait. Le lendemain, M. Dumont annonça à Gaston qu’il ne subirait plus aucune brimade. Le petit le serra dans ses bras et comprit que cet homme était le papa qu’il avait toujours espéré et attendu.

Pauline BRIZI, Coline MICCHELUCCI et Méline MASSOT.

 
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