Jean Cocteau
Lycée
Miramas cedex
 

Aimée par les autres

dimanche 20 mars 2011, par Myriam Remigy

Éléonore se préparait pour son troisième entretient d’embauche pour devenir secrétaire dans une grande entreprise. Les deux premiers lui avait été refusés pour des raisons incompréhensibles ; le premier parce qu’elle était trop réservée, le second car elle était habillée de manière trop décontractée et à cause d’un léger retard de dix minutes. Donc aujourd’hui pour ne commettre aucune erreur, elle choisit un tailleur blanc qui faisait ressortir son teint mat, accompagné d’une chemise noire, et sa chevelure ébène et frisée était relevée en un chignon. La jeune femme arriva avec une demi-heure d’avance au bureau, et voyait les candidats au poste défiler. Quand ce fut son tour elle entra, et le recruteur la dévisagea. Au bout d’un instant, il lui proposa de s’asseoir. Après avoir regardé rapidement son CV, il lui demanda de parler d’elle. Éléonore se présenta, lui parla de ses études et des raisons qui l’avaient amenée à postuler pour ce travail. Tout au long de l’entretien le recruteur lui posa de multiples questions. Une fois fini, la jeune femme le remercia et quitta la pièce.
Deux jours plus tard, elle reçut un appel : le patron voulait la voir. « Mademoiselle, nous vous avons trouvé un poste. Seulement ce n’est pas celui que vous vouliez car nous avons déjà pris quelqu’un pour cet emploi. En revanche, nous vous offrons un travail qui consiste à servir les employés plus qualifiés. » La jeune femme ayant un réel besoin de travailler accepta, elle commençait le lundi suivant.
Le jour « J » arriva et elle se rendit au bureau. Evidemment elle appréhendait son premier jour et se posait des questions sur ses nouveaux collègues – seraient-ils sympathiques ? Avaient-ils des vies plus passionnantes que la sienne ? Elle se voyait apportait les cafés et répondre au téléphone tout en prenant du temps pour apprendre à les connaitre. Mais ses tâches quotidiennes consistaient à servir les cafés toutes les heures, faire les photocopies, apporter les courriers, trier les documents, sortir les poubelles et nettoyer les bureaux en fin de journée. Au fil des jours, Éléonore se rendit compte que ses collègues la prenaient pour la bonne, qu’en son absence ils se moquaient, laissaient de plus en plus les bureaux en mauvais états et refusaient tous les cafés car « la commande » n’était soit-disant pas la bonne. Alors que Rose, de couleur blanche, était bien traitée, personne ne se plaignait et parfois certains l’aidaient le soir. Au bout d’un mois de travail, Éléonore alla se plaindre au directeur. Celui-ci lui fit comprendre que si elle souhaitait un meilleur poste, elle devrait se rendre chez lui un soir... Quelle goujaterie ! Offusquée, elle refusa bien décidée à ne plus jamais mettre les pieds dans cette société qui traitait les gens de manière aussi indigne. Choisissant de ne pas se laisser faire, elle prit rendez-vous avec les Prudhommes et leur fit un compte-rendu de sa situation. Ensuite elle alla porter plainte pour discrimination et harcèlement sexuel.
Trois mois plus tard, le chef d’entreprise fut reconnu coupable des faits reprochés, Éléonore reçut plus de mille euros en dommages et intérêts. L’entreprise fit faillite et la belle jeune femme finit par quitter la France pour les Etats-Unis. Là elle put trouver l’emploi qui lui correspondait dans un bureau à New-York où on la traitait enfin avec respect.

GIMENEZ Tiffany et GIRON Sandy.

 
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