Jean Cocteau
Lycée
Miramas cedex
 

L’amour en gros

dimanche 20 mars 2011, par Myriam Remigy

L’amour en gros

Dix-sept heures sonnèrent, la fin des cours… Je m’empressai de ranger mes affaires, puis je sortis du lycée. Je branchai mes écouteurs, mis le volume au maximum et avançai tête baissée. Enfin arrivée chez moi, je mangeai le gâteau que ma mère m’avait préparé la veille, j’allumai mon ordinateur et je vis sur mon compte Facebook, une nouvelle demande d’ajout à ma liste d’amis… Après avoir accepté, je reçu un message de ce jeune homme : Maxence. C’était la première fois qu’un aussi beau garçon m’adressait la parole.. J’avais l’impression de lui plaire, mais une part de moi ne voulait pas y croire, c’était impossible, aucun garçon ne pouvait m’aimer moi, Julia, la fille obèse du lycée. Avec lui je me sentais comme différente, derrière mon écran pour la première fois j’avais le sentiment d’être belle, que mes kilos en trop n’étaient qu’un détail à ses yeux. J’aurais voulu poursuivre cette conversation pendant des heures et des heures, mais il fallait que j’affronte la réalité ce n’était pas ce garçon qui allait me changer.
Le lendemain matin je me réveillai le sourire aux lèvres. Je ne cessais de penser à lui et à ses yeux bleus magnifiques. Maxence était lui aussi au lycée, il n’avait jamais posé le regard sur moi, il préférait sans doute des filles comme Mylène et Jessica les deux meilleures amies, les deux pestes qui me critiquaient à longueur de journées. Elles en penseraient quoi si je leur disais que Maxence m’avait parlé à moi, oui, à moi, Julia, le bouc émissaire de la classe, souvent mise à l’écart, de par mes rondeurs. Ce serait une belle vengeance pour moi de leur montraient qu’il n’y pas que l’apparence dans la vie. Cela faisait alors six ans que cela durait. Tous mes amis et ceux en qui je croyais m’avaient tourné le dos.
C’était devenu une habitude, tous les soirs j’attendais patiemment que Maxence se connecte sur Facebook. Nous étions devenus très proches, du moins c’est ce que pensais... Car au lycée notre relation restait inchangée, je n’osais pas l’approcher même si depuis deux mois les sentiments que j’avais pour lui étaient de plus en plus forts... Oui j’étais tombée amoureuse de lui.
Jusqu’au jour où... je vis Maxence s’avancer vers moi. Mon coeur battait de plus en plus, je me sentis rougir et une immense joie s’empara de moi. Plusieurs minutes s’écoulèrent, et nous étions restés là, au milieu de la cour, les yeux dans les yeux. Sur le moment je ne compris pas pourquoi la seule parole qu’il m’adressa fut « Je suis désolé ». Peu à peu les gens formèrent un cercle autour de moi, et j’entendais leurs rires résonner dans ma tête, je baissai les yeux et je me sentis humiliée. Le fait de me retrouver à moitié nue devant tout le lycée n’aurait rien été à côté de la déception d’avoir cru que quelqu’un pouvait m’aimer et m’accepter comme j’étais devenue…Grosse ! Je ne pus retenir mes larmes, je regrettais tellement de m’être confiée à lui, et surtout je m’en voulais à moi même de ne pas avoir pensé que Mylène et Jessica étaient derrière tout ça.
J’étais partagé entre un sentiment de haine et de honte, le peu qui restait de moi était à présent anéanti, je détestais éprouver des sentiments pour lui. J’avais envie de revenir en arrière, d’effacer tout : le divorce de mes parents, ma prise de poids, les critiques sur facebook et au lycée, ma solitude, Mylène et Jessica, mais surtout Lui !
Le soir en rentrant, j’écrivis cette lettre. Ma décision était prise, je devais en finir.

Maman,
Six ans que je souffre en silence, six ans que je me déteste et que je déteste ce que je suis devenu. Ça me fait de la peine d’écrire cela, mais c’est en partie votre faute... Vous et vos disputes incessantes, votre divorce qui m’a fait devenir celle que je suis aujourd’hui... Oui, maman je ne sais pas si tu as eu le temps de remarquer, mais j’ai pris du poids, je me suis renfermée sur moi même et mes amis ont disparu au fur et à mesure des années.
Maman c’est pourquoi je t’écris cette lettre, malgré ton manque d’attention et l’absence de papa, je vous aime…Adieu !

Julia.

Marion CHIDAINE, Laura VINCENT et Marina CAMPHIN

 
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