Jean Cocteau
Lycée
Miramas cedex
 

Pas si catholique

dimanche 20 mars 2011, par Myriam Remigy

Pas si catholique …

Après ma douche je me décidai, je lui dirais tout. J’entendis la voiture de mes parents dans l’allée, ils revenaient de la messe. Je priai une dernière fois. J’aurais dû lui en parler avant mais la honte me rongeait de tout mon être, je me sentais sale vis-à-vis de ma mère, de lui avoir caché toutes ces choses depuis tant de temps déjà. Ils franchirent le seuil de la porte et les larmes me vinrent aux yeux. Quelques secondes s’écoulèrent, ma mère s’arrêta en face de moi et me fixa, je pense qu’elle savait déjà tout. Avant, nous étions très complices mais à cet instant je sentis dans son regard si froid qu’elle ne partagerait plus rien avec moi. Ces temps-ci mes paroles n’avaient plus d’importance aux yeux de mes parents, ils ne me prêtaient plus aucune attention, c’était à peine si ma mère me servait encore à manger et quant à mon père, lui, il ne m’avait jamais vraiment apporté son amour. Comme à son habitude il s’installa dans son divan, une bière à la main devant la télévision, pas un mot, pas un regard. Ma mère me dévisagea, les larmes coulèrent sur mes joues. Je les essuyai d’un revers et posa ensuite ma main sur mon ventre. Je soulevai mon tee-shirt et ma mère découvrit de longues vergetures sur le bas de mon ventre gonflé, il faut dire que maintenant enceinte de vingt semaines je ne pouvais plus rien cacher. Ma mère se mit en colère, tenta de me gifler et arracha au passage la croix accrochée à mon cou. Elle s’enferma dans sa chambre, hantée par le déshonneur et je montai dans la mienne ; je ne savais pas si elle avait réellement compris la situation mais je la laissai s’en aller, pleurer seule, avec sa fierté en poche. Quelques heures passèrent et ma mère ronflait à côté. Mon père ouvrit la porte et entra dans ma chambre muni d’un couteau de cuisine et me lança : « C’était notre secret Marianne, tu n’aurais jamais dû. ». Et le couteau s’enfonça dans ma poitrine. Ma dernière pensée fut pour l’être qui vivait dans mon ventre et qui ne verrait jamais le jour puisque j’allais mourir à peine âgée de 15 ans.

LABROUSSE Claire, SEGURA Manon-Xuân,& VALIN Dorian

 
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